Coca chez les nazis :Un bon exemple de "pragmatisme économique" PDF Imprimer E-mail
Dossiers - 2000 ans d'histoire
Vendredi, 06 Juin 2008 08:17

cocaSuite à une émission sur France Inter (6 Juin 2008 - 10 h.) sur la passé nazi de Coca Cola, je suis aller à la pêche aux infos sur la toile. Et oui, Coaca reste un bon exemple de ce que l'on appelle "le Pragmatisme économique". A vous de juger...

Par Mark Pendergrast. Ecrivain, auteur de For God, Country and Coca-Cola.

En Allemagne, l'homme de main de Bob Woodruff, le patron spartiate de la Coca-Cola Company , s'appelle Max Keith , rentré comme comptable dans la filiale d'Essen en 1933. Il en prendra les rennes en 1936, pour bons services rendus pendant les J.O. de Berlin. Ses méthodes de management, rapporte minutieusement Mark Pendergrast, ressemblaient à celles du Führer (qui adorait, comme il s'entend, la boisson). Keith aimait à porter une petite moustache bienveillante.

Keith obtient d'emblée la confiance totale de Woodruff. Toujours en 36, Goering prend en charge un plan d'auto-suffisance et tend à décourager l'activité de sociétés étrangères. Woodruff intervient et négocie directement avec les nazis pour obtenir que le "concentré" de Coke (l'ingrédient numéro 1) puisse être importé. Coca-Cola GmbH est alors considérée comme une société allemande.

1937, Düsseldorf. Première foire industrielle nazie ("Shaffendes Volk", ou Le peuple créateur). Coke en est une des pièces maîtresses. Son stand se dresse à côté de celui du Bureau de la Propagande.

Mars 1938. Le Reich envahit l'Autriche. Au même moment, Coke tient sa convention. Trois énormes swatika, la croix nazie, s'affichent derrière la tribune. Le traditionnel Sieg-Heil est scandé trois fois.

Septembre 1939. La guerre éclate. Keith et son adjoint, Walter Oppenhoff, s'immiscent dans les cercles du IIIème Reich, grâce à des amis au ministère de la Justice : ils réussissent à être nommés à "l'Office de la propriété ennemie".

Keith et ses hommes suivent le Reich dans ses conquêtes : ouverture d'une filiale en Autriche en 1938, et en 1940 prise de contrôle des activités de Coca en France, en Italie, et au Bénélux.

Fin 1941, le vent tourne. Le sirop secret de Coca-Cola n'est plus autorisé à l'export par les américains. Mais Keith invente une nouvelle marque : Fanta -- 3 millions de caisses distribuées en 2 ans. Fanta sera exempté de rationnement sur le sucre. Et permettra à la filiale de Coca-Cola de poursuivre son activité. Comme l'a fait aussi la firme Ford, Coca-Allemagne va participer à l'effort de guerre nazi (usines et camions réquisitionnés, les bouteilles vont aussi servir de précieux récipients pour enfermer de l'eau gazeuse ou des médicaments).

Jusqu'à la fin de 1942, les stocks de Coca-Cola en Allemagne seront réservés aux militaires du Reich et aux hôpitaux pour "soulager" les blessés.

Les 43 sites d'embouteillages vont être bombardés jusqu'en 1944. Mais Keith continue de produire son Fanta dans des usines de fortune, en employant des criminels allemands, exclus de l'amée du Reich, mais aussi des prisonniers de guerre en travail obligatoire.

1945. Hitler se suicide. La guerre est finie. Keith envoie un câble à Woodruff : "Coca-Cola GmbH est encore en activité", exulte-t-il. "Envoyez des consultants." Il sera entendu. Même s'il est mis à l'écart par les représentants de Coke qui veillent à relancer le business en Allemagne, en 1949 Keith réussit à convaincre le grand Boss, Bob Woodruff, de reprendre en main la filiale allemande. Fanta est toujours une marque déposée du groupe Coca-Cola.

Détail: l'ancien boxeur Max Schmeling , présenté sans doute à ses dépens comme le symbole de la suprématie aryenne depuis les J.O. de Berlin, devient en 1957 le patron d'une usine d'embouteillage de Coca-Cola à Hambourg. La passion pour la petite bouteille brune mène à tout.

Auteur : Mark Pendergrast - Article original

 

 

 
Commentaires (5)
Coca cola passé nazi..
1 Samedi, 07 Juin 2008 00:20
Ce genre de news est difficile à manier. On est toujours partagé entre l'envie de boycotter la marque et le fait que depuis rien ne fait de Coca Cola une marque profondément nazi et détestable. Je veux dire le passé de certains dirigeants fait il de Coca coca une boisson nazie ?

Je me dois de ne pas arrêter de boire du Coca même si ce passé fait froid dans le dos.
Un brin rétrograde
2 Samedi, 07 Juin 2008 17:01
Je pensais personnellement que la grande chasse aux sorcières concernant l'allemagne nazie était terminée...

Je trouve cet article intéressant du point de vue historique mais je n'arrive pas à me sentir scandalisé par les actions de Coca-Cola. C'est un principe de base du capitalisme à l'américaine de tout faire pour vendre bien et ce quel que soit le régime politique du pays dans lequel on vend. Coca-cola voulait vendre en Allemagne et ils l'ont fait, tout en faisant des courbettes pour plaire aux Nazis. On retrouve les mêmes schémas aujourd'hui dans le monde entier. Je ne pense pas que les saluts nazis lors de leur convention industrielle ont eu un impact sur le déroulement de la guerre.
Et la Chine
3 Lundi, 09 Juin 2008 14:32
Ale
On comprend maintenant que ca ne choque personne que Total soutienne une dictature ou que la Chine (entre autres)bafoue les Droits de l'Homme...
J'ai connu une époque où ces pays était boycottés, dénoncés, mis au banc de la société. Ceci était bien hypocrite, faut pas se leurrer. Mais au moins on savait alors qu'au nom de l'économie on ne peut pas considérer que les trois quart de l'Humanité doivent être exploité pour enrichir le quart restant.

Mais bon, un tel raisonnement (qui me semble être la base de l'Humanité) est actuellement une donnée économique et utopiste... Je n'envie pas le monde que vous préparez à nos enfants.
Coca
4 Jeudi, 12 Juin 2008 10:51
C'est veridique, un exellent livre traitant de l'histoire de coca-cola que je conseil fortement:

http://www.williamreymond.com/coca.html
60 ans après...
5 Jeudi, 21 Août 2008 11:45
Meskalyne
Cher frangin,
grace à toi j'en apprends des bonnes sur ma boisson favorite...
Je reprouve évidemment le passé lugubre de cette compagnie et approuve totalement ton point de vue sur le fait de devoir prendre position contre des industries ou des pays qui bafouent l'Homme et ses idées humanistes. Malgrès tout j'oppose une réserve sur le boycott d'une entreprise sur des fait qui remonte a plus de 60 ans aujourd'hui. Ce serais comme punir l'allemagne maintenant, des actions particuliérement sordides commise par les nazis.

Je tiens, pour finir, à condamner la pensée qui nous dit que pour vendre nous pouvons nous allier à des pouvoirs politiques ou des idéologies, totalitaristes ou tout bêtement nuisible à l'humain et sa planéte. Car si ce doit vraiment être la pensée commune de chacun alors l'argent a plus de valeur que l'être humain.
Je ne suis pas dupe et je sais que déjà beaucoup de personne ont été contaminées par ce mode de pensée. Et malgrè que ces personnes, sans même peut être s'en douter, choisissent d'adhérer et de renforcer un prise de position auto-destructrice, moi je m'élève encore avec une poignée d'autres gens pour dire "non" au despotisme de l'argent sur l'humain. Et que le seul pouvoir que je veux défendre est le bien-être et l'humanité qui sont mise à mal par la seul pensée que l'argent puisse avoir plus de valeur que nous et que tout est monnayable, même notre bon sens...
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