Les États-Unis battent un record d’inégalités vieux de 80 ans ! PDF Imprimer E-mail
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 
Actualité du jour - Economie

pauvretéLa nouvelle aurait dû faire la « une » des médias si l’on accordait autant d’importance aux indicateurs sociaux qu’à la croissance économique ou aux performances boursières. Il est rare qu’un record mette près de 80 ans à être battu. Mais les politiques néolibérales au service des nantis et des actionnaires, appliquées avec obstination depuis les années 1980 aux États-Unis et ailleurs, ont permis cette « performance ». Une étude très récente (15 mars 2008) d’Emmanuel Saez, économiste à Berkeley (Californie), en fournit les preuves. Son article, en anglais, peut être consulté en ligne, et je vous recommande au moins les deux graphiques : http://elsa.berkeley.edu/~saez/saez-UStopincomes-2006prel.pdf

 

Il existe bien des façons de mesurer les inégalités de revenu dans un pays. On dispose par exemple d’indicateurs synthétiques assez complexes (le plus connu étant l’indice de Gini) qui ont l’avantage de prendre en compte l’ensemble de la distribution des revenus des ménages. Mais aussi bien pour le commun des mortels que pour nombre d’analyses simples, on peut se contenter d’indicateurs très faciles à comprendre et finalement presque aussi significatifs. Ceux qu’utilise cette étude sont les suivants : quelle est la part du revenu de l’ensemble des ménages qui revient aux 10 % les plus riches, aux 5 %, et aux 1 % ? En suivant au cours du temps l’évolution de la part qui échoit aux 10 % et 1 % les plus riches, on a une assez bonne idée de l’évolution des inégalités, sous l’angle de la concentration des richesses « en haut ».

Certes, il serait encore mieux de connaître aussi la part qui revient aux 10 % du bas de l’échelle et de calculer le rapport entre le revenu des 10 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres. Cet excellent indicateur d’inégalités figure dans les tableaux du rapport annuel du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), mais on n’a pas de séries longues sur plusieurs décennies. Contentons-nous donc, pour commencer, de cette variable calculée depuis 1917 aux États-Unis : le « taux d’accaparement » du revenu des ménages par les 10 % les plus riches. Suite et source