On donne aux banquiers et on dépouille les chômeurs PDF Imprimer E-mail
Economie - Economie
Mardi, 14 Octobre 2008 04:31

lagardeChristine Lagarde et Eric Woerth, qui déversent des milliards pour alléger la peine des banquiers, multiplient, depuis quelques semaines, les razzias sur l'argent des chômeurs et autres assistés. Leur prochain casse aura pour cadre la création de France-Emploi, le service public qui doit naître, en janvier prochain, de la fusion de l' ANPE et de l' Unedic. Bercy a trouvé une combine pour siphonner l'argent de l'assurance-chômage.

L' Unedic devait en principe débourser 8% de son budget pour contribuer aux frais de gestion de ce nouvel organisme. Le ministère de l'économie a, d'autorité, porté cette quote-part à 10%. Résultat, c 'est un surplus de 400 millions qui va passer sans bruit de l' Unedic, c'est à dire des poches des chômeurs, à France-Emploi, structure d'Etat.

Charrette prévue à l'Unedic


Les Assedic ( fédérés par l'Unedic) auraient pourtant grand besoin de cet argent pour payer les heureux bénéficiaires de leur propre plan social. Car la réforme prévoit de confier aux Urssaf la tâche de prélever les cotisations chômage. Travail assuré aujourd'hui par 1200 agents de l'Unedic. Autant d'emplois qui risquent de disparaitre. Une bonne partie des dirigeants des Assedic ont déjà leur place reservée sur la charrette, notamment ceux qui sont soupçonnés d'avoir des sympathies syndicales. Or la convention collective des agents de l'assurance-chômage est l'une des plus généreuses du pays.

"Hold up" de 50 millions

Avant de fondre sur l'Unedic, Bercy avait déjà ponctionné deux organismes sociaux. Et d'un, l' Agefiph, qui accorde des aides pour l'insertion professionnelle des handicapés et qui vient de subir un "hold-up" - la formule est de la CGT - de 50 millions. Et de deux, le fonds unique de pérequation, qui récupère l'argent non utilisé par les organismes de formation professionnelle pour l'affecter aux demandeurs de congé individuel de formation. Cette fameuse "deuxième chance" voulue naguère par un dangereux gauchiste nommé Chaban-Delmas.
Ce fonds va être soulagé de 118 millions. On est évidemment loin des milliards injectés dans le système banquaire. Mais, à l'échelle de ces organismes sociaux, c'est un énorme manque à gagner.
L'avantage, quand on tape les pauvres, c'est qu'ils ne risquent pas de partir à l'étranger.


Article extrait du Canard Enchainé

 
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