| Nouvel Obs, les Echos, quand les financiers font du journalisme |
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| Médias - Journaux | |
| Lundi, 22 Septembre 2008 04:46 | |
« Il a clairement effectué un putsch sur le journal. Il est très interventionniste. Il relit et corrige les articles les plus sensibles, anime les conférences de rédaction. Il est partout. Les journalistes ont abdiqué. La société des rédacteurs ne peut rien faire aujourd'hui. Il est déjà trop tard » confie, fataliste, un journaliste. Pas de quoi fouetter un chat a priori, la simple description du travail d'un directeur de rédaction, peut-être autoritaire. A ceci près qu'il s'agit là du comportement du patron du Nouvel Observateur, Denis Olivennes.
Il rédige des éditos, impose ses papiers : une tribune de Philippe Val, une discussion au sommet avec Alain Minc. Certains journalistes évoquent des papiers passés à la trappe, réécrits faute de n'être pas assez favorables à ses amis, à ses idées, ou aux idées de ses amis. Pourtant, la charte du journal, élaborée en 2004, prévoit que les actionnaires - ou leurs représentants - n'interviennent pas dans le contenu rédactionnel. Simple preuve du malaise: l'ancien directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, Guillaume Malaurie a quitté son poste. « A sa demande » officiellement. Privé de toute capacité décisionnaire, empêché de travailler, Malaurie a été mis sur la touche et Olivennes dirige la rédaction. « Il n'a aucune culture journalistique » Du côté des journalistes, l'heure n'est pas vraiment à la résistance plutôt à la résignation. Dès son arrivée, l'ancien patron de la Fnac avait souhaité obtenir un droit de regard sur la ligne éditoriale du journal. Histoire d'intervenir dans le débat public, d'imposer ses idées. Dans un premier temps, Denis Olivennes est allé à la rencontre de la rédaction : reportage en Afghanistan avec Florence Aubenas, conférences matinales avec les rédacteurs du site. On dit qu'il aurait même fait une demande de carte de presse. Rien de bien méchant. Mais c'est là justement que l'affaire se corse. Car, comme l'explique un journaliste de l'hebdomadaire : « c'est la première fois qu'une grande rédaction parisienne est dirigée par un non-journaliste et cela n'émeut personne. Denis Olivennes est quelqu'un de très brillant, mais il est d'abord au service du Tout-Paris politique, économique et médiatique. Droite et gauche confondues. Evidemment, il dit qu'il est d'accord avec la ligne éditoriale du journal depuis toujours mais il a des intérêts beaucoup plus larges et il n'a aucune culture journalistique ». Un super manager-directeur de rédaction aux Echos Plus largement, le cas Olivennes est, à sa manière, caractéristique d'une évolution constatée avec la nomination de l'ancien journaliste Nicolas Beytout à la tête de DI Group, le pôle Médias de LVMH. Les statuts du journal lui interdisaient, en principe, de se mêler de la ligne éditoriale du quotidien économique. Dans les faits, Nicolas Beytout a toujours tenu à faire entendre sa voix dans la rédaction. Ainsi comme le rapportait Rue89 en février, le directeur de la rédaction des Echos, Erik Izraelewicz n'a pas tenu longtemps face aux chausse-trappes de la nouvelle direction: « Il empiétait sur le territoire du directeur de la rédaction. Il veut devenir de plus en plus le super directeur de la rédaction. C'était un piège. Une éthique minimale n'est même pas respectée. » Erik Izraelewicz a déclaré avoir « mille exemples » d'interférences de Nicolas Beytout dans les aspects rédactionnels du journal : négociations de partenariats avec d'autres médias, déjeuners avec des cadres de la rédaction etc. Source et suite |
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