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Petites réflexions sur le service public à la Télé PDF Imprimer E-mail
Dossiers - Médias caca
Dimanche, 01 Juin 2008 16:57

télé1. Dans quelle émission, supportons-nous régulièrement les témoignages obscènes et/ou soporifiques de quidams flanqués de perruque grossières, de lunettes de soleil ou d’un surplus de poids devant un présentateur qui les confesse devant un public recueilli ? Ca se discute, l’indéboulonnable et le très coûteux Jean-Luc Delarue. France 2, service public.

2. Dans quelle émission de variété sirupeuse le barnum de la machinerie télévisuelle se déplace-t-il dans une ville de Province afin d’en célébrer la joliesse, la « générosité » et les « talents » devant un maire endimanché et un public péquenotisé ? Tenue de soirée, Michel Drucker, service public.

3. Quelle chaîne produit P.J, série policière handicapée à peine digne d’un soap-opera brésilien ? France 2, service public.

4. Qui connaît Jour de fête, grande émission culturelle de France 2 encore, consacrée (paraît-il) au cinéma, entre incitation promotionnelle, chroniqueurs insipides et torrents de bandes-annonces ?

Sélection partiale me direz-vous puisque Frédéric Tadéi officie sur France 3 et qu’Esprits Libres est diffusé sur France 2. Certes, mais M6 produit Zone interdite et Capital, dont le style est devenu la norme de n’importe quel magazine de société, et TF1, Ushuaïa, pendant de Thalassa sur France 3. À TF1, le Sidaction, à France Télévisions, le Téléthon, ses mêmes vedettes et ses mêmes déluges compassionnels. Et puis, quelles différences réelles entre le JT de PPDA et celui de Pujadas ? Certes, Jean-Pierre Pernaud reste sur TF1, comme le dernier mohican, ou plutôt l’ultime résidu d’une vulgarité propre à la chaîne de Bouygues, une volonté de viser le plus petit (et le plus bas) commun dénominateur mais qui a d’ores et déjà contaminé ses principaux concurrents.

Mais, au fond, tout cela est-ce bien grave ? Ce combat ante diluvien entre le public et le privé a-t-il encore un sens à l’heure du zapping, d’Internet et des dizaines de chaînes câblées (et souvent très estimables : LCP, Public Sénat, Historia, iTV, Discovery Channel, toutes les chaînes ciné…) ? Vivons-nous vraiment dans ce monde orwellien que fantasment les politiques entre soumission à des punitions publicitaires (qui ne zappe pas pendant la pub ?) et obligation de choisir entre cinq chaînes ? Il faut croire que cette vision délirante arrange un peu tout le monde : les biens pensants culturels qui se légitiment en défendant un fonds de commerce (parfois aveuglément) subventionné, les politiques qui ressuscitent un clivage idéologique identifiable et rassembleur, et les commerçants qui se targuent d’offrir au public ce qu’il demande, contrairement à « ceux d’en face » et leur sinistre posologie du savoir. Source et suite

 
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