| Tian'anmen, 20 ans de silence |
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| Dossiers - 2000 ans d'histoire | |
| Lundi, 01 Juin 2009 08:27 | |
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Il est toujours impossible pour la presse et les internautes chinois d'évoquer librement ce qui s’est passé le 4 juin 1989. «La recherche n'est pas en conformité avec les lois, les règlements et les politiques» : c’est la réponse obtenue par un internaute lorsqu'il tape «4 juin» sur le moteur de recherche Baidu, le plus populaire du pays. Tenter de visionner des images aboutit au même résultat: «Désolé, aucune vidéo ne correspond à votre recherche». Les seules informations disponibles sur Baidu concernant cette époque relaient la version officielle. La liberté de la presse était l'une des principales revendications des manifestants et de ceux qui les soutenaient. Certains en paient encore le prix, par des mesures administratives ou une surveillance policière constante. Plusieurs journalistes, dont Shi Tao, condamné à dix ans de prison pour avoir envoyé un e-mail dénonçant la répression de Tiananmen, sont actuellement emprisonnés. Récemment, le défenseur de la liberté d'expression, Liu Xiaobo, figure emblématique du mouvement de 1989, a été arrêté de nouveau. Tandis que le cyberdissident Huang Qi, qui milite depuis longtemps pour la reconnaissance des victimes du 4 juin, est détenu sans jugement à Chengdu depuis juin 2008. Il est gravement malade. Au cours des dernières années, les rares mentions dans la presse du «4 juin» ont été suivies de sanctions sévères. En juin 2007, par exemple, au moins sept employés du journal Chengdu Wanbao ont été renvoyés pour avoir laissé paraitre une publicité d’une ligne rendant hommage aux mères courageuses du 4 juin, en référence aux mères des victimes de la place Tian'anmen. Selon l'organisation Chinese Human Rights Defenders (CHRD), les bureaux de la sécurité publique à travers le pays ont contacté ou rendu visite à des dizaines de dissidents pour les menacer de représailles s'ils écrivent, accordent des interviews ou tentent d'organiser des rassemblements liés à la commémoration du vingtième anniversaire du 4 juin 1989. Le dissident pékinois Zhang Zuhua et le blogueur Zan Aizong ont été avertis par la police, en avril dernier, qu’ils auraient des problèmes s’ils publiaient des articles sur ce sujet. Les Chinois qui osent parler aux médias étrangers de ces événements sont aussi inquiétés. Le soldat à la retraite Zhang Shijun est détenu par les forces de sécurité dans un lieu inconnu. Il avait accepté de parler à l’agence Associated Press pour exprimer ses regrets concernant sa participation à cette tragédie. Plus généralement, les signataires chinois de la Charte 08, qui qualifie explicitement la répression de juin 1989 d’un «désastre pour les droits de l'homme» à imputer au Parti communiste chinois, sont régulièrement convoqués par la police et harcelés. Pourquoi une telle débauche de moyens sur un événement vieux de vingt ans? «Les leaders chinois savent que leurs mains sont tachées de ce sang. Ils craignent que si la vérité est révélée, le gouvernement aura à faire face à des pressions pour que les responsables de ce crime soient traduits en justice», explique Renee Xia de l'organisation Chinese Human Rights Defenders. Vincent Brossel
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Depuis 20 ans, le gouvernement chinois a imposé un black-out sur les manifesations et l'intervention de l'armée. Le