| Quand le Monde censure les blagues de not' président |
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| Médias - Journaux | |
| Mercredi, 09 Décembre 2009 06:13 | |
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« Par référendum, le peuple suisse vient de se prononcer contre la construction de nouveaux minarets sur son territoire. Cette décision peut légitimement susciter bien des interrogations. Le référendum impose de répondre à la question posée par oui ou par non. Peut-on répondre par oui ou par non à une question aussi compliquée, qui touche à des choses aussi profondes ? Bien sûr que non, mâme Dupont : le racisme, c’est beaucoup plus compliqué que ça. On peut pas seulement répondre : oui, j’ai un sérieux problème avec les Arabo-musulmans, ou, non, je n’ai aucun problème avec les Arabo-musulmans, pourquoi, vous êtes de l’UMP ? Je suis convaincu que l’on ne peut que susciter des malentendus douloureux, un sentiment d’injustice, blesser les âmes en apportant une réponse aussi tranchée à un problème qui doit pouvoir être résolu au cas par cas dans le respect des convictions et des croyances de chacun. C’est important, le respect, mâme Dupont. Le si méritant Maur... Brice Hortefeux, à qui j’ai confié la gestion des cultes en même temps que celle des keufs, a très bien résumé ça, quand il a dit comme ça que dès que les Arabo-musulmans font un rassemblement de plus d’un Arabo-musulman, boum, « il y a des problèmes ». (Puis, n’est-ce pas : autant je n’ai aucun problème lorsqu’il s’agit de blesser les âmes des racailleux banlieusards, autant j’ai de la répugnance à blesser celles des votateurs xénophobes.) (...) Comment ne pas être stupéfait par la réaction que cette décision a suscitée dans certains milieux médiatiques et politiques de notre propre pays ? Ce qui m’étonne, moi, vous l’aurez deviné : ce n’est pas tant que ces gens aient ainsi exhibé leurs plus dégueulasses phobies. C’est plutôt qu’on s’en offusque. Un peu de compréhension, que diable ! Réactions excessives, parfois caricaturales, à l’égard du peuple suisse, dont la démocratie, plus ancienne que la nôtre, a ses règles et ses traditions, qui sont celles d’une démocratie directe où le peuple a l’habitude de prendre la parole et de décider par lui-mêm ? Derrière la violence de ces prises de position se cache en réalité une méfiance viscérale pour tout ce qui vient du peuple. (...) Comment s’étonner du succès des extrêmes quand on ne prend pas en compte la souffrance des électeurs ? L’électeur suisse, mâme Dupont, se désole de voir que son pays grouille de mahométans : pouvons-nous rester sourds à sa douleur ? Je dis que non. Puis d’autre part, et plus généralement : dès que le peuple souffre, vous me trouvez à ses côtés. Voyez Gandrange. Ce qui vient de se passer me rappelle comment fut accueilli le rejet de la Constitution européenne en 2005. Je me souviens des paroles parfois blessantes qui ont été proférées contre cette majorité de Français qui avait choisi de dire non. C’était opposer irréductiblement la France du oui à celle du non, ouvrir une fracture qui, si elle avait dû se creuser davantage, n’aurait jamais permis à la France de reprendre sa place en Europe. Pour réconcilier la France du oui et celle du non, il fallait d’abord essayer de comprendre ce qu’avaient voulu exprimer les Français. (...) C’est alors que, dépassant ce qui la divisait, la France a pu prendre la tête du combat pour changer l’Europe. C’est à ce moment-là , remember, que j’ai sauté à pieds joints sur la gueule du peuple français, mâme Dupont - en faisant adopter le mini-traité qui entérinait l’Europe dont il ne voulait pas. De sorte que, si vous m’entendez prendre la défense du peuple ? Il faut bien que vous compreniez que c’est une blague - qui fait hurler de rire mes potes milliardaires. Que tu es cocasse, Nicolas, quand tu prends la défense de la populace, me disait l’autre jour l’ami Vincent Bolloré. On a bien rigolé. (...) Au lieu de vilipender les Suisses parce que leur réponse ne nous plaît pas, mieux vaut nous interroger sur ce qu’elle révèle. (...) Au lieu de condamner sans appel le peuple suisse, essayons aussi de comprendre ce qu’il a voulu exprimer et ce que ressentent tant de peuples en Europe, y compris le peuple français. Ouvrons nos coeurs aux âmes des votants phobiques, mâme Dupont : faisons du moins l’effort de leur montrer que nous les comprenons. Comprenons bien d’abord que ce qui s’est passé n’a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience. Nul, pas plus en Suisse qu’ailleurs, ne songe à remettre en cause ces libertés fondamentales. Les peuples d’Europe sont accueillants, sont tolérants, c’est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés par des minarets. Et le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance (...). Raison pour laquelle j’ai confié à Maurice Hortefeux, puis à Maurice Besson, la mission de confiance de traquer les sans-papiers, mâme Dupont : accueillant, d’accord, tolérant, d’accord, mais si tu n’es pas né blanc à Broutechoux-les-Barrières, faut que tu passes ton chemin, étranger - sauf bien sûr si tu aimes sauter par les fenêtres. (...) Cette sourde menace arabo-musulmane que tant de gens dans nos vieilles nations européennes sentent, à tort ou à raison, mais surtout à raison, peser sur leur identité, nous devons en parler tous ensemble de peur qu’à force d’être refoulé ce sentiment ne finisse par nourrir une terrible rancœur. (À ce point précis de ma démonstration, je suppose que vous aurez finalement saisi, mâme Dupont, qu’elle a essentiellement pour fonction de vous sensibiliser aux questionnements des racistes ?) (...) Le métissage c’est la volonté de vivre ensemble. (...) Mais le métissage ce n’est pas la négation des identités, c’est pour chacun, vis-à -vis de l’autre, la reconnaissance, la compréhension et le respect. C’est de la part de celui qui accueille la reconnaissance de ce que l’autre peut lui apporter. (Entre nous, mâme Dupont : je suis, vous l’aurez deviné, moins porté sur la compréhension des problèmes de l’autre que sur celle des complexités de la pensée phobique. D’où que je fais rafler de l’immigré par packs de mille, durant que je compatis aux affres du Suisse raciste.) (...) Je m’adresse à mes compatriotes musulmans pour leur dire que je ferai tout pour qu’ils se sentent des citoyens comme les autres, jouissant des mêmes droits que tous les autres à vivre leur foi, à pratiquer leur religion avec la même liberté et la même dignité. Je combattrai toute forme de discrimination. (Naaaaan, je rigole, mâme Dupont ! Alors quoi, on peut même plus déconner ?) Mais je veux leur dire aussi que, dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l’échec l’instauration si nécessaire d’un islam de France qui, sans rien renier de ce qui le fonde, aura su trouver en lui-même les voies par lesquelles il s’inclura sans heurt dans notre pacte social et notre pacte civique. Ton minaret, Mohamed ? Je crois que ça va pas être possible. Source et suite Et tu me rases fissa cette vilaine barbe, parce que, chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation, surtout s’il est musulman, et, conscient de la chance qu’il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l’humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu’il éprouve vis-à -vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre. (Je rigole toujours, hein, mâme Dupont ? Tout ça, c’est pour amuser la galerie pendant que mes sbires - ceux, vous savez, qui ont le même coiffeur dément que Luc Ferry - dégueulent jour après jour leur islamophobie. Puis je dis tout ça pour que tout le monde comprenne bien que le débat sur l’identité nationale est en fait une grande stigmatisation collective de l’islam, comme on les aime. Mais ça, vous l’aviez déjà deviné, pas vrai ?) » |
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De larges pans de la contribution du chef de l’État français au débat sur l’identité nationale que publie ce soir Le Monde ont (bêtement) disparu au montage. Voici la version originale de sa dissertation : les passages en gras sont, tu l’auras compris, ceux qui avaient sauté.