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L'Etat a-t-il vraiment gagné de l'argent en sauvant les banques ? PDF Imprimer E-mail
Magouilles et clientélisme - economiques
Mardi, 25 Mai 2010 05:06

monopolyNicolas Sarkozy l'a toujours assuré : le plan de sauvetage des banques, lancé en octobre 2008, est une très bonne affaire pour l'Etat. La Cour des comptes vient de contredire cet optimisme. En prêtant 120 milliards d'euros aux banques, l'Etat a pour l'instant gagné de l'argent, mais ça ne devrait pas durer. (...) Les banques ont-elles remboursé l'Etat ? En partie. C'est presque fait pour les 20,75 milliards d'euros apportés en fonds propres. Six banques en avaient bénéficié. Quatre d'entre elles ont déjà racheté la participation de l'Etat dans leur capital. La banque franco-belge Dexia et le groupe Banque populaire-Caisse d'épargne doivent encore rembourser 6,3 milliards d'euros.

L'Etat a-t-il gagné de l'argent ? Le remboursement des 77 milliards d'euros prêtés sera plus lent. Ces prêts courent jusqu'à 2014, mais les banques ayant renoué avec les bénéfices, elles, seront en mesure de rembourser. A court terme, oui. A moyen terme, ce gain devrait s'estomper, voire s'annuler. Selon la Cour des comptes, le plan se traduit par un gain de 1,3 milliard d'euros sur trois ans dans le budget de l'Etat.

Les prêts accordés aux banques, par exemple, ont été une bonne affaire. L'Etat a emprunté l'argent à un taux avantageux sur les marchés financiers, il l'a ensuite prêté à un taux supérieur aux banques, et les intérêts lui assurent des rentrées d'argent régulières. A moyen terme, le résultat sera plus mitigé que ne le promettait Nicolas Sarkozy. Selon la Cour des comptes, l'Etat a sous-estimé les « coûts indirects » du plan de sauvetage. Celui-ci pourrait finalement ne rien rapporter du tout :

« Des coûts indirects ont commencé à jouer dès 2009 et surtout en 2010 et leur impact, pérenne et différé dans le temps, est susceptible d'amoindrir progressivement ce bénéfice budgétaire à partir de 2011, jusqu'à l'annuler. »

Parmi ces coûts, il y a d'abord celui des prêts accordés aux banques. Puisque l'Etat a emprunté l'argent apporté aux banques, il doit lui aussi verser des intérêts et il devra lui aussi le rembourser. Cela n'arrangera pas les finances publiques.

Autre « coût indirect » relevé par la Cour des comptes : la médiation du crédit, mise en place pour étudier les demandes de prêts rejetées par les banques. Le dispositif est géré par la Banque de France et il lui coûte cher. Résultat : les profits de la Banque de France baissent et, avec eux, les dividendes qu'elle reverse à l'Etat. Suite et source

 

 
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