| La presse étrangère raille le "monarque" Sarkozy |
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| Magouilles et clientélisme - Médias | |
| Mercredi, 27 Janvier 2010 06:19 | |
Un "show monarchique" auquel les a habitués la France : c'est ainsi que nombre de correspondants de la presse étrangère à Paris interrogés par l'AFP commentaient mardi 26 janvier la prestation de Nicolas Sarkozy sur TF1."Un show préparé, une téléréalité", juge Charles Bremner, chef du bureau du Times à Paris, où il travaille depuis 17 ans. "C'est un président monarque qui s'offre deux heures de prime time pour tenter de redorer son image. Il écoute les doléances de ses sujets qui souffrent, comme le bon roi à leur chevet", ajoute-t-il, reconnaissant toutefois un exercice "assez réussi" suivi par plus de huit millions de téléspectateurs. "Il s'est très bien débrouillé", concède également Alberto Toscano, correspondant de l'hebdomadaire italien Panorama, depuis 24 ans à Paris. "Mais même en Italie, le président du conseil [Silvio Berlusconi] aurait du mal à faire la même chose sur l'une de ses chaînes de télévision ! Qu'un chef d'Etat puisse parler pendant tout ce temps sans contradiction et répondre à des questions choisies, je vois mal cela dans un autre pays démocratique". "Un spectacle monarchique... mais même le bon Dieu n'a pas ce pouvoir ! C'est une habitude française de sacraliser le locataire de l'Elysée, élu au pouvoir universel. Sarkozy en profite et pousse le système jusqu'au bout", résume-t-il. "Fausse interview"Michael Kläsgen, du quotidien allemand Süddeutschezeitung, n'imagine "pas un seul instant" la même chose en Allemagne et évoque lui aussi l'attitude d'un "monarque". Il dénonce "une fausse interview dont on parle depuis quatre jours" et "un manque de distance entre les journalistes français et les puissants" en général. Henry Samuel, correspondant du Daily Telegraph à Paris, reconnaît le savoir-faire d'un "bon technicien de la communication". "Il a essayé de changer de ton, d'être à l'écoute et pas agressif mais on a l'impression de réécouter des phrases toutes faites". Pour le journaliste britannique, c'est un "exercice qui nous fascine et nous rend perplexes parce que ça n'existe pas chez nous. Que l'Elysée ait pu influencer la conception de l'émission, ce serait impensable en Angleterre". "Il y a un côté monarchique, c'est la nature du régime, mais Sarkozy n'est pas pire que ses prédécesseurs. Il est entre la reine d'Angleterre, qui incarne la Nation, et le vrai pouvoir. C'est lui qui décide de tout mais on ne le voit pas souvent. Quand on le voit, c'est toujours dans un exercice de style sans débat contradictoire", poursuit-il. Source et suite |
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