| Nuit du réveillon : Comment les médias nous embrouillent |
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| Magouilles et clientélisme - Médias | |
| Mercredi, 13 Janvier 2010 06:34 | |
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I. Bonne humeur du matin Au matin du 1er janvier 2009, la nuit de réveillon avait été, selon le ministère de l’Intérieur « unanimement perçue comme plutôt calme et sans incidents notables ». Le soir même, il annonçait un chiffre record de voitures brûlées. Et cette année ? Vendredi 1er janvier 2010 au matin, les « Unes » de liberation.fr et du figaro.fr entonnent à l’unisson le même refrain de lendemain de fête : « Une nuit plutôt calme ». On comprend rapidement que l’accord parfait dans la titraille n’est pas le pur effet d’une heureuse coïncidence. « Plutôt calme » est en réalité la traduction simultanée et concordante du bilan positif de la nuit, publié quelques heures plus tôt par le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, et relayé par l’AFP. Un bel exemple de distance critique. C’est pourquoi sans doute lemonde.fr se veut plus rigoureux. Avec un grand sens de la nuance, il distingue l’Ile-de-France, « très calme », de la province, « paisible », et esquisse une comparaison avec les années « précédentes » : Et pendant ce temp-là , à la télévision
II. Nuances du soir A 18 heures, le ministère publie des chiffres « définitifs », qui s’avèrent nettement moins « paisibles » : 16 policiers ou gendarmes blessés, au lieu des 11 annoncés le matin même, et contre 4 en janvier 2009. 549 personnes interpellées (contre 288 l’an dernier) et 481 placées en garde à vue (contre 219). Autrement dit, environ 100% de hausse, sur des chiffres déjà en augmentation l’année précédente, respectivement de 11% et de 32%. 1137 voitures brûlées, contre 1147 en 2008, soit 1% de baisse, sur un chiffre qui avait bondi de 30% en janvier 2009, une augmentation que Le Figaro lui-même avait qualifié de « vertigineuse ». Le tout pour un effectif mobilisé sans précédent, de 45000 policiers et gendarmes, 10000 de plus qu’en 2008, dont l’une des priorités était précisément la lutte contre l’incendie de voitures. La signification exacte de ce que ces chiffres mesurent, ou leur fiabilité, importent peu ici. Au regard des critères mêmes de ceux qui les publient, ils pourraient justifier un constat d’échec. Qui cadrerait mal avec les annonces matinales. Que faire ? Source et suite |
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Comme l’an passé, la communication, en deux temps, du gouvernement sur les « incidents » émaillant la nuit du réveillon, paraît soigneusement pensée en fonction de médias qui, bien que potentiellement échaudés par l’expérience de la Saint Sylvestre 2008, paraissent prendre goût à l’eau froide, et ne lui opposent aucune résistance. La recette est simple (et peut servir en d’autres occasions) : publier un communiqué triomphant le matin, attendre que les grands médias le reprennent en chœur, laisser infuser quelques heures. Retarder ainsi d’autant la publication d’éventuelles mauvaises nouvelles… Cela présente en effet quelques avantages : l’intérêt s’émousse, les chiffres se confondent, et les journalistes ayant bien souvent de grandes réticences à se dédire, ils contribueront à étouffer, en toute indépendance, le second communiqué de malheur.