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Magouilles et clientélisme - Médias
Lundi, 14 Septembre 2009 05:23

medias«Les conditions techniques du tournage n'étaient pas d'une netteté totale, ainsi que les conditions d'écoute». Les propos de Gilles Leclerc, le président de Public Sénat, pour justifier sa décision de ne pas diffuser dans un premier temps la séquence polémique de Brice Hortefeux à Seignosse ne sont pas inédits. Le 23 février 2008, c'est pour la même raison qu'Associated press n'avait pas voulu prendre les images de Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture.

Avec mes collègues de Youpress, nous avions prévu de couvrir le rendez-vous agricole pour plusieurs journaux et magazines. La visite du chef de l'Etat faisait partie des occasions à ne pas manquer: les titres de presse régionale achètent facilement un reportage sur l'agriculteur du coin qui vient de discuter avec le président de la République.

Avec trois journalistes, le caméraman de Youpress Stéphane Puccini a couvert la visite de Nicolas Sarkozy. D'abord sans se rendre compte de rien. Ce n'est qu'ensuite, en «dérushant» les images, qu'il se rend compte de l'épisode qu'il vient d'enregistrer: le maintenant célèbre «Casse-toi pauvre con» que Nicolas Sarkozy adresse à un visiteur qui refuse de lui serrer la main. Dans l'espace presse, nous sommes tous excités, comme l'ont certainement été les journalistes de Public Sénat en visionnant leurs images. Nous savons que nous avons entre les mains une vidéo avec un «beau potentiel».

Reste à savoir à qui la vendre. Peut-être le plus difficile. Stéphane Puccini travaille régulièrement pour Associated press, il est logique de leur proposer en priorité. Mais après avoir visionné la séquence, la rédaction de l'agence n'est pas intéressée. La qualité des images n'est  pas suffisante... Ça ne vous rappelle rien? Un mois plus tard, nous apprendrons par l'un des membres de la rédaction, que la direction de l'agence n'était en fait pas très rassurée à l'idée de diffuser des images aussi «dérangeantes».

Pour nous, retour à la case départ: l'une des plus grandes agences de presse, qui fournit des images aux télés du monde entier n'est pas intéressée par nos images. A qui alors pourrions-nous bien les vendre? Plusieurs coups de fils se révèlent infructueux, nous hésitons à mettre la séquence sur notre propre site. La stratégie est risquée: sur notre petit site qui ne recevait alors que 30 visiteurs par jour, les images auraient-elles eu un retentissement suffisant? Source et suite

 
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