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Villiers-le-Bel, l’Elysée coache le témoin PDF Imprimer E-mail
Magouilles et clientélisme - Politiques
Lundi, 20 Septembre 2010 05:20

villiers le belBakchich a retrouvé le témoin clé du procès des émeutiers de Villiers-le-Bel. En échange de son témoignage, Christopher Bénard avait négocié de l’argent et une protection. Il affirme avoir été manipulé. Témoignage sous X. Une pratique à la limite de la pornographie judiciaire. Dans le procès dit de Villiers-le-Bel (lire encadré en fin d’article), les témoins anonymes ont eu la part belle. Leur « utilisation » a fait couler beaucoup d’encre et nombreuses sont les voix qui se sont élevées pour dénoncer ce qui s’apparente à une grave dérive. Pour une audience à forte connotation politique.

Novembre 2007. La ville du Val-d’Oise rejoue la Commune. Heurts avec les forces de l’ordre après qu’une voiture de flic a renversé deux jeunes. Deux morts. Dans les banlieues du XXIe siècle, les barricades du XIXe deviennent des émeutes. Dans la nuit du 25 au 26, quand Villiers-le-Bel s’enflamme, la police se fait tirer dessus. Humiliée. (...)  Ensemble, tout devient possible. Sorti de cabane, le futur repenti est reçu à l’Élysée, en septembre 2008, par deux hauts fonctionnaires. Pas de simples valets. Rien de moins qu’un des conseillers justice de Nicolas Sarkozy et l’un des membres de cabinet de la ministre de l’Intérieur de l’époque, Michèle Alliot- Marie.

Les deux commis écoutent sa complainte. Bénard accepte de témoigner au procès, mais veut qu’on le paie, qu’on lui assure une protection policière et qu’on lui arrange ses problèmes avec la justice. Si possible obtenir le plus tôt possible une audience de jugement pour son homicide involontaire. « L’un des deux s’est chargé de me donner une date de procès rapide, ça m’a encouragé. » En revanche, pour l’argent, les deux grands serviteurs de l’État se chamaillent. L’un est hostile à toute forme de rémunération malgré les promesses policières, l’autre lui assure un dédommagement. Aujourd’hui, l’Élysée dément qu’il y ait eu pareil rendez-vous, au risque de décrédibiliser un témoin pourtant essentiel du procès. (...)

Pourquoi, alors, avoir témoigné ? «  J’étais trop impliqué pour reculer, on a fait en sorte que les suspects me voient ! J’ai même été confronté à eux dans le cabinet du juge alors qu’on ne m’avait pas prévenu ! »

Menacé, contraint de se terrer quelque part en France, Christopher Bénard rumine. « J’en suis à plus de 10 000 euros de frais depuis que je dors de ville en ville, je multiplie les crises d’angoisse. Je ne sais plus quoi faire. Je ne peux plus rester en France. » Pour finir par sortir du silence le 16 septembre. "C’était un arrangement entre nous", a-t-il confié à BFM TV. Mais que fait la police ? Source et suite

 

 

 
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