Site d'archives - Retrouvez nous sur notre nouveau site
Brice Hortefeux condamné pour injure raciale PDF Imprimer E-mail
Actualité - Bonne nouvelle
Samedi, 05 Juin 2010 06:04
hortefeuxLe ministre de l'intérieur Brice Hortefeux a été condamné, vendredi 4 juin, à 750 euros d'amende et 2000 euros de dommages et intérêts pour injure à caractère raciale, après une conversation sur le ton de la plaisanterie, en 2009 à l'université d'été des jeunes UMP à Seignosse, dans les Landes.  Le ministre a aussitôt fait appel. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), à l'origine de la plainte, se demande si un ministre "condamné pour injure raciste peut rester au gouvernement".

Le ministre de l'intérieur plaisantait, le 5 septembre 2009, avec Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée, et un groupe de militants dont Amine Benalia-Brouch, qui voulait être pris en photo avec lui. "Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière", dit une dame sur la vidéo tournée par des journalistes de la chaîne Public Sénat. "Ben oui", dit mollement le jeune homme, Brice Hortefeux répond, "Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspondant pas du tout au prototype alors. C'est pas ça du tout".

C'est la première phrase attaquée par le Mrap le 16 avril devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. La même militante dit au ministre, " C'est notre… c'est notre petit Arabe ". Brice Hortefeux répond : " Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ", avant de prendre congé, avec un " Allez, bon courage, hein ".

C'est la seconde phrase attaquée. "En dépit de la médiocre qualité de cet enregistrement, note le tribunal, où Brice Hortefeux se trouve toujours de trois quarts dos, ignorant manifestement la caméra, l'enchaînement des propos échangés, comme la teneur de ceux qui sont proférés par les différents acteurs de la scène, ne sont susceptibles de contestation ni sur leur matérialité ni sur leur imputabilité ", comme l'avait prétendu la défense.

UNE AFFIRMATION "INCONTESTABLEMENT OUTRAGEANTE"

" L'emploi du mot " prototype " appliqué à une personne (…), déjà malheureux et incongru en lui-même, relève le tribunal, laisse entendre que tous les Arabes de France seraient semblables, nécessairement musulmans et qu'ils se conformeraient tous aux prescriptions de l'Islam, seul le jeune Amine faisant exception ". Le propos, selon les juges " peut surprendre " ou " choquer, au regard du principe républicain de laïcité " et est " à tous égards contestable ", mais il ne saurait être regardé comme outrageant pour les Arabes.

L'affirmation, en revanche – "c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes" - "est incontestablement outrageante, sinon méprisante, pour les personnes concernées qui – à la différence du propos précédent – ne se voient pas seulement exclusivement définies par leur origine, indépendamment de ce que postule le libre arbitre ou de ce qui fait une individualité, la singularité d'un parcours, les qualités ou les défauts d'un caractère, mais sont présentées comme facteur du " problèmes ", soit négativement, du seul fait de leur origine, laquelle révélerait une essence commune dans les limites de laquelle il conviendrait de les enfermer ".

Le propos vise ainsi indistinctement un groupe de personnes, seulement identifié par leur origine, leur appartenance, une ethnie, une race ou une religion déterminée, et tombe sous le coup de l'article 33 de la loi du 29 juillet 1881. Source et suite

 
Copyright © 2012 . Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.