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Berlin déclare la guerre aux spéculateurs PDF Imprimer E-mail
Actualité - Bonne nouvelle
Jeudi, 20 Mai 2010 05:26

MerkelL'Allemagne a déclaré avec fracas la guerre aux spéculateurs. En annonçant une mesure choc visant à contrer radicalement toute spéculation sur la dette d'Etat, Berlin a pris de court les marchés et à contre-pied l'Union européenne. Le Bafin, le gendarme de la Bourse allemande, a interdit, à partir de mercredi 19 mai et jusqu'au 31 mars 2011, les ventes à découvert "à nu" sur les emprunts d'Etats de la zone euro et sur certains types de CDS ("credit default swaps", soit des titres de couverture contre le risque de faillite d'un pays ou d'une entreprise). Cette décision, non concertée, a provoqué une montée de fièvre sur les places boursières et suscité l'étonnement de ses partenaires européens.

Les ventes à découvert sont des mécanismes financiers sophistiqués qui permettent de parier sur la baisse d'un titre. Elles sont accusées d'encourager la spéculation. Il en existe de deux sortes. La vente à découvert "simple" permet à des opérateurs de vendre des titres qu'ils ont empruntés avec l'espoir de les racheter plus tard à un moindre prix. La deuxième pratique, dans le collimateur de Berlin, dite "vente à découvert 'à nu'", permet de vendre des titres sans même les avoir empruntés auparavant.

(...) C'est peu dire que l'annonce de Berlin a surpris l'ensemble de ses partenaires. La ministre de l'économie, Christine Lagarde, a émis des réserves et fait savoir que Paris n'envisageait pas d'imiter l'Allemagne. "Il faudrait quand même solliciter l'avis des Etats considérés et concernés par la mesure", a-t-elle souligné. Un avis partagé par le commissaire européen chargé du marché intérieur et des services financiers, Michel Barnier. Une coordination européenne est nécessaire pour plus d'efficacité, a-t-il estimé.

Mais Berlin a reçu le soutien du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a même invité les régulateurs européens à étudier une action concertée sur ce thème. "Des actions adoptées par d'autres autorités nationales, coordonnées au niveau européen, renforceraient les actions de chaque nation et ajouteraient de la valeur et du poids au message transmis aux marchés", a-t-il déclaré.

  • Merkel, championne de l'euro ?

L'Allemagne se défend de faire cavalier seul, mais reconnaît vouloir ouvrir la voie. "En anticipant sur une régulation au niveau européen que nous souhaitons, il existe toujours la possibilité pour un Etat d'agir dans son propre cadre", explique un porte-parole du gouvernement.

Devant le Bundestag, mercredi, Angela Merkel a enjoint à mi-mots à l'Europe d'imiter l'Allemagne pour "sauver l'euro". "L'euro est en danger, et si nous ne nous prémunissons pas contre ce danger, les conséquences pour l'Europe seront incalculables et les conséquences au-delà de l'Europe seront incalculables", a déclaré la chancelière. "Si l'euro échoue, l'Europe échoue".

Elle a également appelé l'UE à introduire sa propre taxe sur les transactions financières si le groupe des vingt pays les plus industrialisés (G20) ne parvenait pas à s'entendre en juin sur le sujet. "Si nous n'obtenons pas un accord là-bas (...) nous aborderons l'organisation au niveau européen d'une contribution du secteur financier, afin que les gens aient le sentiment d'une certaine justice", a-t-elle lancé dans un discours aux accents dramatiques. Une façon de redorer son blason auprès d'une opinion publique très réticente à l'idée de devoir payer pour le manque de rigueur de certains Etats et l'absence de scrupules des spéculateurs. Source et suite

 
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