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Que l’Islande dise non à l’injustice et à l’austérité ! PDF Imprimer E-mail
Actualité - Europe
Vendredi, 05 Mars 2010 06:30
banque islandaiseLe 6 mars, les Islandais ont rendez-vous avec les urnes pour décider de leur avenir. Ils devront se prononcer pour ou contre la loi « Icesave ». Si cette loi est acceptée, les dettes des banques privées seront nationalisées et l’ajustement structurel sera renforcé. Dans un contexte de crise économique et sociale, et alors que c’est le peuple islandais qui a imposé au gouvernement la tenue de ce referendum, les sondages actuels annoncent un non massif, à plus de 70%. Si cela se confirme, le peuple islandais aura remporté une victoire contre le néolibéralisme. Ce sera aussi une victoire pour la démocratie si, contrairement à ce qui s’est passé en France et en Irlande récemment, le choix des Islandais est respecté. 

 

Petit pays de 320 000 habitants sans armée, l’Islande a subi de plein fouet la crise financière qui a éclaté fin 2008. Des milliers de ménages ont perdu leur travail ou ont été expulsés de leurs logements. Dans le même temps, l’Etat a déboursé des centaines de millions d’euros[1] pour nationaliser les trois principales banques islandaises (Kaupthing, Landbanski et Glitnir), totalement privatisées en 2003. Au bord de la faillite, le gouvernement islandais a annoncé qu’il n’était pas en mesure d’assumer ses engagements en matière de remboursement de dette. Se sentant floué, le peuple islandais s’est massivement mobilisé pour tenter de faire payer le coût de cette crise aux responsables : les banques et les fonds spéculatifs. Cette pression a donné des résultats : le gouvernement a démissionné fin 2008 et, en août 2009, le Parlement a adopté une résolution pour conditionner le remboursement de cette dette aux « capacités de paiement » du pays[2]. Mais les intérêts en jeu sont énormes. Le FMI et l’Union Européenne ont pesé de tout leur poids pour renverser cette orientation. Dans la nuit du 30 au 31 décembre 2009, le Parlement a changé de position et voté la loi « Icesave ». Cette loi a confirmé la nationalisation de ces dettes privées et prévu la mise en place de mesures d’austérité (gel des salaires, diminution des dépenses publiques…) afin de dégager les montants nécessaires au remboursement intégral[3].  

 

Dans un contexte de crise sociale, mais aussi et surtout de conscience critique collective élevée, les Islandais ne l’ont pas entendu pas de cette oreille : des organisations islandaises ont lancé une pétition contre cette loi, et, en quelques semaines, plus de 25% des Islandais l’ont signée ! Sous la pression, le Président est contraint de la prendre en compte et d’appliquer l’article 26 de la Constitution qui stipule qu’en cas de refus du Président de promulguer une loi, elle sera soumise à une consultation populaire. Un référendum aura donc lieu ce 6 mars 2010.

 

Malgré les différentes pressions (pression médiatique très forte en faveur du oui, refus de discuter de l’intégration de l’Islande dans l’Union européenne, blocage de l’aide internationale), les Islandais vont très probablement dire non à cette loi néolibérale. Cette décision sera très intéressante sur au moins deux points.

 

Premièrement, on est en droit de douter que ce choix sera respecté. Rappelons-nous ce qui s’est passé à propos du Traité constitutionnel européen : alors que les Français et les Irlandais avaient dit Non, le gouvernement français a tout de même approuvé le Traité de Lisbonne qui l’a remplacé en passant par la voie parlementaire, tandis que le gouvernement irlandais a imposé un nouveau vote afin de parvenir au Oui. Ailleurs, un second vote a-t-il été organisé lorsque le résultat initial était Oui ? Non. Va-t-on faire de même cette fois-ci et refuser d’écouter la volonté populaire ? Contrairement à ce qui se passe dans certains pays d’Amérique latine, les résultats des référendums en Europe sont niés par les dirigeants dès lors qu’ils ne sont pas conformes à leurs attentes. Drôle de façon d’envisager la démocratie ! Le référendum, comme les autres outils démocratiques (élection, consultation populaire, budget participatif, référendum révocatoire, assemblée constituante…) sont pourtant des outils démocratiques fondamentaux. Source et suite

 
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