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Sarkozy, Besson, Yade : feront-ils la Journée sans immigrés ? PDF Imprimer E-mail
Actualité - politique
Lundi, 01 Mars 2010 06:31
immigreLe message du collectif « 24 heures sans nous » est simple : si les descendants d'immigrés s'abstenaient de travailler et de consommer une journée, la France s'arrêterait de tourner. Quand ils ont lancé l'idée d'une Journée sans immigrés ce 1er mars, on a entendu parler d'engorgement de poubelles faute d'éboueurs, de restaurants en mal de plongeurs ou d'hôpitaux à la peine sans femmes de ménage. Eux disent que les fils d'immigrés sont aussi médecins, réalisateurs, universitaires, experts-comptables. Ils auraient pu dire ministres.

Car le gouvernement est à l'image de la France, où au moins un habitant sur quatre a un grand-parent étranger :

  • Eric Besson est nĂ© du Maroc d'une mère d'origine libanaise
  • Nadine Morano est issue d'une famille italienne.
  • Patrick Devedjan est le fils d'un ArmĂ©nien nĂ© en Turquie
  • Fadela Amara est d'ascendance algĂ©rienne
  • Rama Yade est native du SĂ©nĂ©gal.

Et puis encore Nora Berra, Hubert Falco, Nathalie Kosciusko-Morizet, Pierre Lellouche… sans oublier Nicolas Sarkozy et ses racines hongroises. D'ailleurs, Nadir Dendoune, du collectif « 24 heures sans nous », dit volontiers que son père est arrivé en France « à peine deux ans après le père de Sarko ».

Les ministres mettent peu en avant leurs racines étrangères

Pourtant, malgré le débat sur l'identité nationale, ou le dérapage de Brice Hortefeux à l'été 2009, rares sont les hommes politiques aux racines hors de l'Hexagone qui se sont plaints de stigmatisation xénophobe.

Tout au plus Nadine Morano exhibe-t-elle, façon cache-sexe, son héritage italien lorsqu'on l'accuse de racisme. Ce fut le cas après sa sortie sur les casquettes à l'envers ou lors de cet échange plein de condescendance sur un marché. (Voir la vidéo)

On est donc loin de ces images de 1991 qui montre Harlem Désir, président de SOS Racisme, entouré de Patrick Devedjian et Ladislas Poniatowski. Autour, six autres députés de tous bords (PS, PCF, RPR et UDF) et le commentaire de la journaliste d'Antenne 2 qui égraine :

« Claude Bartolonne, l'Italien ; Jean-Christophe Cambadélis, le Grec ; Ladislas Poniatowski, le Polonais ; Patrick Devedjian, l'Arménien ; François Asensi, l'Espagnol, Julien Dray, le juif algérien ; Etienne Pinte, le Belge ; Nicolas Sarkozy, le Hongrois. » (Voir la vidéo)

 

Ce jour-là, ils s'étaient rassemblés pour protester contre le climat délétère qui entourait le débat d'alors sur l'immigration. Alors qu'on parle quotas et charters en France, Etienne Pinte, qui est toujours député UMP, avait dit ceci :

« Si les lois ou les principes dont on a parlé récemment avaient été appliqués à l'époque où j'ai demandé ma naturalisation, eh bien vraisemblablement non seulement je n'aurais pas été Français mais je ne serais pas devenu député. »

Aujourd'hui, c'est tout juste si l'on a entendu Yazid Sabeg, haut commissaire à l'égalité des chances, protester contre le « déversoir » du débat sur l'identité nationale… pour mieux ravaler son chapeau et animer une soirée officielle dans les Vosges quelques semaines plus tard.Source et suite

 
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