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L'anticapitalisme est soluble dans la crise PDF Imprimer E-mail
Actualité - politique
Jeudi, 14 Janvier 2010 06:10

NPALe Forum économique mondial va se tenir comme tous les ans, fin janvier, dans la station suisse de Davos. La crise a mis à mal toute l'idéologie davosienne du triomphe des marchés mais Klaus Schwab, le fondateur, n'a aucun mal à réunir les grands «décideurs globaux» pour la 40ième fois... comme tous les ans. Pour la première fois un président de la République française fera le voyage. Davos survit à la crise, et ambitionne de la surpasser avec pour programme d'«améliorer l'état du monde, le repenser, le redessiner, le reconstruire».

Le Forum Social mondial, le concurrent, lui, n'aura pas lieu. On lit sur le site: «Il célébrera les 10 ans de son processus, il n'y aura pas un seul événement mondial et centralisé. En 2010, le FSM se déroulera d'une manière continue tout au long de l'année, avec des événements et des activités dans diverses parties du monde». En clair: par de grand messe anti-Davos. Çà ne marche plus. Le mouvement s'essoufflait depuis quelques années, le sommet de 2009 n'a eu aucun succès. C'est un paradoxe: la crise a donné raison à beaucoup de critiques formulées par les «alter» contre  l'ultra-libéralisme: les excès des marchés, les dangers de la finance, les inégalités... Pourtant le FSM s'éteint. Il s'efface des écrans tandis que Davos continue d'occuper le devant de l'actualité.

(...)  En France, les grèves de 1995 avaient engendré le «mouvement social», réunion hétéroclite mais combative du syndicat Sud, des «alter» de toutes sortes et de l'extrême gauche à commencer par la LCR de Krivine-Besancenot. Les grèves étaient devenues populaires. Menées dans les services publics pour défendre le système particulier de retraite, elles avaient reçu l'approbation des Français qui les regardaient comme une «résistance» légitime aux remises en cause des avantages acquis. Le concept était né de «grèves par procuration» du secteur public en défense non pas de leurs privilèges mais de tous les salariés, ceux du secteur privé? étant trop fragiles pour oser lutter.

Ce mouvement de 1995 a assis une influence considérable dans les esprits et a «plombé» l'action de Jacques Chirac comme celle de Lionel Jospin. La pensée radicale avait, depuis 15 ans, le vent en poupe, elle intimidait toute la gauche et même la droite.

La crise de 2009 marque, en France aussi, un revers de cette pensée radicale. Les grèves dans les transports publics ne rencontrent plus les mêmes sentiments approbateurs. Elles sont de plus en plus regardées comme «catégorielles», chacun défend son intérêt. Les usagers se plaignent des gènes occasionnées. Dans les usines menacées de fermeture ou de restructuration, les militants d'extrême gauche envoyés pour haranguer les «camarades» contre le capitalisme, font un flop. Les syndicats CGT et CFDT ont repris l'ascendant parce qu'ils sont concrets. La crise a fait triompher le réformisme, ici comme en Amérique latine. Les solutions radicales sont bonnes pour les discours mais dans la réalité, l'anti-capitalisme ne donne pas du travail! Le discours gauchiste a montré sa vacuité et comme l'a bien souligné le magazine Challenges: Olivier Besancenot est «l'homme sans solution». Devant le chômage, le modèle bolivarien n'est que de peu d'aide et la France ouvrière et salariale s'est rangée derrière le camp réformiste.

2009, l'anti-1995: nous avons vécu un tournant historique majeur.  Les divisions de la gauche de la gauche, entre le parti de Jean-Luc Mélenchon, le PCF et le NPA d'Olivier Besancenot reflètent ce désarroi doctrinal. Comme on le voit pour la préparation des élections régionales, les divergences stratégiques ont pris le dessus additionnées des négociations locales. Ces élections diront si le réalisme réformiste qui a gagné sur les terrains économiques et sociaux se retrouvera sur le plan politique. Source et suite

 

 
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