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Une nuit en cellule parce que sa « tête est pleine de cheveux » PDF Imprimer E-mail
Honteux !!! - Droits de l'homme baffoués
Vendredi, 09 Juillet 2010 05:11

menotteJeudi soir dernier, j'avais hâte de retrouver chez elle, à Londres, ma femme Sarah, enceinte de huit mois. Je suis monté avec impatience dans le bus de nuit Eurolines qui quittait Paris en fin de soirée. Nous avons atteint la frontière française à Calais vers 1 heure du matin. Je m'attendais aux questions de routine auxquelles mes allers-retours m'ont habitué ; j'étais loin d'imaginer ce qui allait se passer… Selon les cinq policiers qui contrôlaient les pièces d'identité, visas et permis de séjour des passagers, le passeport que je leur présentais n'était pas à moi : ils étaient persuadés que les photos figurant sur mes visas n'étaient pas les photos de l'homme qu'ils dévisageaient. J'ai tenté de les convaincre que ces papiers étaient bien les miens. Rien à faire.

« On m'a menotté, on m'a installé dans une voiture de police »

Ils m'ont fait descendre du bus. Ils ont voulu me faire signer un procès-verbal selon lequel je reconnaissais être en possession de documents illégaux. Je suis resté le plus calme possible mais dans ma tête, ça tournait de plus en plus vite. J'ai lu avec attention le papier qu'on me fourrait dans la main : quand j'ai compris ce que ça signifiait, j'ai refusé avec force.

« Tu vas partir en garde à vue pour 24 heures, le temps qu'on vérifie tes mensonges ! »

On était passé au tutoiement.

« Je n'ai pas le choix, faites ce que vous voulez, mais ce passeport est le mien. »

- « Tu as le droit d'appeler une personne de ta famille en France pour la prévenir. »

- « Ma femme est en Angleterre, en France j'ai mes collègues… »

- « Non, non, juste quelqu'un de ta famille. Si tu n'as pas quelqu'un de ta famille en France, signe là. »

On m'a tendu un papier où il était écrit que je ne souhaitais contacter ni mes parents ni mes employeurs. J'ai encore refusé. Je serrais les dents, mon estomac était une boule dure écrasée au fond de mon ventre. Mon cerveau tapait à toute force contre les parois de mon crâne. J'ai pensé très fort à tous ceux qui échouent ici sans connaître un mot de français.

On m'a fait passer les mains derrière le dos, on m'a menotté, on m'a installé dans une voiture de police. Dans la nuit humide de Calais, je suis allé en prison pour la première fois de ma vie. Source et suite

 
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