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Violences: la double peine des femmes étrangères PDF Imprimer E-mail
Honteux !!! - Droits de l'homme baffoués
Mercredi, 10 Février 2010 06:28

violences femmes"Quant on est victime de violences, il faut le prouver si l'on veut être protégé, explique Violaine Husson de la Cimade. Pour cela, il faut porter plainte." Comment faire alors quand on est sans papiers? Porter plainte est un droit en France. Quel que soit son statut administratif, que l'on soit français ou étranger, avec ou sans papiers. Mais la réalité est parfois bien différente comme l'explique Violaine. "Il arrive qu'une femme se rende dans un commissariat, et soit reçue par un officier de police judiciaire qui la voit comme une délinquante, car ils ne sont pas formés à ce genre de situations." En 2008, une femme marocaine venue porter plainte contre son conjoint de nationalité française a été placée dans un centre de rétention avant d'être expulsée vers son pays d'origine.

Elle a pu revenir grâce au combat mené par les différentes associations d'aide aux droits des femmes. Mais ce n'est pas toujours le cas. La plupart du temps, elles subissent une double peine: parler et partir ou se taire et subir.

La Cimade prend donc à partie les politiques. "Nous profitons de la période éléctorale qui s'ouvre pour alerter les élus, locaux, régionaux, parlementaires et leur proposer une charte d'engagement", raconte Fred Carillon de l'association. Le document appelle les élus à s'impliquer davantage pour garantir l'application des lois et dispositifs existants pour la protection de ces femmes. Pour créer une mobilisation citoyenne, l'association a créé un site internet, mais surtout un compte twitter et facebook, pour appeler à des actions et des engagements: dans testing dans un commissariat, soutien à une cas particulier, etc.

La peur de perdre son titre de séjour

Mais de nombreuses difficultés subsistent. Trouver un hébergement d'urgence pour une femme battue, seule ou avec des enfants est souvent impossible. "Une femme en situation irrégulière ne peut accéder aux endroits spécialisés dans l'accueil des femmes battues", explique Violaine. Leur assurer un suivi médical, psychologique ou social est également loin d'être évident. La peur de perdre son titre de séjour est dans la plupart des cas le critère qui les fait supporter l'insupportable. "Les femmes sont enchaînées administrativement à leur conjoint. En théorie, une femme peut obtenir un titre de séjour ou son renouvellement si elle est victime de violences conjugales. Mais dans la pratique, ces droits restent soumis au pouvoir du préfet. Et il y a autant de décisions différentes qu'il y a de préfets." Source et suite

 
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