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Italie : Les immigrés, dernier rempart contre la mafia PDF Imprimer E-mail
Honteux !!! - Racisme, xénophobie,...
Mardi, 12 Janvier 2010 06:58

immigrationLa révolte des saisonniers africains, en Calabre (Sud), lève une fois encore le voile sur leurs conditions de vie. Malgré leur situation déplorable, ils sont les seuls à oser s'insurger contre les mafias qui sévissent en Italie, remarque l'éditorialiste Barbara Spinelli. L’avenir dans lequel nous sommes d’ores et déjà plongés commence dans la Plaine de Gioia Tauro : à Rosarno, dans la province de Reggio de Calabre où une authentique guérilla urbaine a eu lieu entre le 7 et le 10 janvier. C’est ici que se concentrent les principaux problèmes de notre civilisation : des populations entières qui fuient la pauvreté et la guerre ;  les craintes qui polluent la vie des immigrés et des habitants ; les chasses à l'homme contre ceux qui sont "différents" et une mafia mondialisée.

À ceci s’ajoute l’impossibilité de stopper des flux migratoires, car depuis longtemps on ne trouve plus d’Italiens ni de citoyens des pays riches disposés à faire, au même salaire, le travail de ces Africains. Et enfin, l’hypocrisie de ceux qui croient que la réponse réside dans une identité monoculturelle qu’il s’agirait de retrouver. A Rosarno, les noirs se battent contre les rondes privées organisées par les habitants, infiltrées par la ’Ndrangheta [la mafia calabraise] et armées de fusils. Pour le ministère de l'Intérieur, les révoltes sont associées non pas à la mafia, mais à l’immigration clandestine qu’il veut éradiquer, résolvant ainsi tous les maux. C’est un leurre.

Depuis des années, l'Italie a une sombre réputation et instille la peur chez ses immigrés. Le comble de l’impudeur est atteint lorsque nos ministres citent les révoltes des immigrés en Espagne ou en France, comme si les erreurs des autres pouvaient ennoblir les nôtres. Comme s’il n’existait pas, en Italie, ce mal supplémentaire qu’est la mafia. Les révoltes de ces jours derniers sont en fait la conséquence et le révélateur de l’échec de l’État. Les révoltes d’aujourd’hui ont en effet une longue histoire. Les immigrés qui, à Rosarno, ont réagi avec une rage destructrice sont les mêmes qui, en décembre 2008, s’étaient rebellés contre la ’Ndrangheta. Quatre d'entre eux avaient été blessés et les Africains avaient fait alors quelque chose que depuis des années les Italiens ne font plus : ils étaient descendus dans les rues pour demander à l’État plus de justice, plus de légalité. Ils avaient courageusement contribué aux enquêtes des magistrats, brisant l’omertà et prenant des risques. Alors qu’ils n’avaient pas de permis de séjour, ils avaient dénoncé leurs agresseurs à visage découvert. Source et suite

 
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