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[vidéo] Ils se mutilent pour échapper au fichage de leurs empreintes PDF Imprimer E-mail
Hacktivisme et désobéissance - Resistance
Lundi, 26 Juillet 2010 05:04

migrantAux Etats-Unis, le fichier de police recense près de cent millions d'empreintes. En Europe, le fichier Eurodac en contiendrait « environ trois millions », selon Gérard Sadik, coordinateur national de la Coordination française pour le droit d'asile (CFDA). Chaque Etat membre de l'Union européenne est responsable des migrants qui franchissent irrégulièrement ses frontières. Par exemple, si un Arménien débarque à Malte, c'est le gouvernement de l'île qui devra décider s'il lui accorde ou non le droit d'asile. Si la même personne est dans l'illégalité plus tard en France, elle devra être renvoyée à Malte.

Depuis 2000, cette identification a été simplifiée par la base de données Eurodac, qui rassemble les empreintes des migrants illégaux de plus de 14 ans.

Avec la constitution de la base d'Eurodac, de plus en plus d'empreintes se sont « effacées », raconte Le Monde diplomatique dans une enquête consacrée aux « doigts brûlés » de Calais. En juillet 2009, Gérard Gavory, sous-préfet de Calais, expliquait ainsi à LibéLille, qu'au cours des deux mois précédents, lorsque la « jungle » de Calais était évacuée par la police, 57 personnes -sur les 172 reçues en préfecture- n'avaient pas d'empreintes.

 

 

Une réalité confirmée par le HCR -le commissariat de l'ONU pour les réfugiés- dans un rapport :

« Afin d'éviter d'être renvoyés en Grèce ou ailleurs, des migrants et des demandeurs d'asile vont jusqu'à brûler le bout de leurs doigts avec des clous chauffés à blanc ou de l'acide sulfurique pour qu'ils ne puissent plus être identifiés via leurs empreintes digitales. »

Dans leur documentaire « No Comment », Nathalie Loubeyre et Joël Labat montrent des migrants se brûlant ou se limant les doigts pour en effacer les empreintes digitales.

Auparavant, un réfugié sans empreintes était laissé libre, dans la mesure où l'on ne pouvait pas établir sa première destination européenne. Une tolérance effacée par une circulaire d'avril 2010, qui anticipe un projet de loi du ministère de l'Immigration, selon Gérard Sadik :

« Depuis avril 2010, si les empreintes ne sont pas reconnues par la borne Eurodac, une procédure prioritaire est engagée. Les réfugiés doivent saisir l'Ofpra [l'organisme français de protection des réfugiés et apatrides, ndlr] sous 15 jours. »

« Ensuite, il y a un gros flou sur la façon dont ça fonctionne. Un service spécial du ministère de l'Immigration s'en occupe. Ils regardent les empreintes et en cas de cicatrices caractéristiques, ils refusent le séjour. »

Mais comment reconnaître une altération volontaire d'une accidentelle ? Les préfecture doivent opérer des vérifications avant de refuser les migrants sans empreintes mais le système est « insuffisamment encadré », selon Gérard Sadik :

« Ces altérations volontaires existent, c'est un geste désespéré. Il y a aussi des gens qui ne font pas exprès, un accident de travail ou une maladie. » Source et suite

 
 
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