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Les médias italiens observent la "journée du silence" PDF Imprimer E-mail
Hacktivisme et désobéissance - Resistance
Vendredi, 09 Juillet 2010 10:37

berlusconieSilence radio. L'Italie était privée d'informations ce vendredi 9 juillet, en raison d'un appel à la grève des journalistes contre un projet de loi du gouvernement de Silvio Berlusconi limitant les écoutes téléphoniques et leur publication. Toute la journée se déroulera donc quasiment sans journaux, sans télévision ni radio. Pour la Fédération nationale de la presse (FNSI, syndicat national des journalistes) qui a appelé à cette "journée du silence", il s'agit d'un "geste symbolique pour montrer tous les silences que la loi imposerait".

Dès vendredi 7h, les fils des agences d'information se sont tus et les sites internet des quotidiens ne sont plus actualisés. Sur les chaînes d'information en continu, des programmes pré-enregistrés sont interrompus seulement par le journal de 6h qui tourne en boucle et seules deux autres éditions, à la mi-journée et dans la soirée, sont prévues. Sur Rai News 24, un bandeau indique: "grève des journalistes contre la loi-bâillon jusqu'à demain 6h".

(...)  La loi touche aussi la sphère judiciaire: des enquêteurs voulant "écouter" un suspect auront besoin de la permission de trois juges. Ce que dénonce l'Association nationale de la magistrature: "La bataille contre le crime sera beaucoup plus difficile pour les policiers et les magistrats, qui seront débordés par la bureaucratie". Les médias pourront publier un résumé de l'instruction seulement lorsque celle-ci sera achevée. Le rédacteur en chef du Corriere della Sera voit dans le projet de loi une intimidation politique: "On cherche à protéger les membres du gouvernement d'enquêtes indésirables".

Il y a une semaine, plusieurs milliers de personnes avaient déjà manifesté à Rome contre cette "loi bâillon". Même au sein du parti de Berlusconi (le Peuple de la Liberté), Gianfranco Fini, ancien pilier du clan Berlusconi, ne cache pas sa désapprobation: "Il n'y a jamais trop de liberté de la presse dans une grande nation démocratique". Le mouvement de Fini pourrait, s'il se désolidarisait du gouvernement, entraver le passage de la loi et pousser Il Cavaliere à manoeuvrer pour obtenir gain de cause. Le chef du gouvernement italien n'est pourtant pas dans une situation favorable: entre la rigueur budgétaire et les affaires qui reprennent, sa cote d'impopularité atteint un niveau record, avec 57% d'opinions négatives. Source et suite

 

 
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