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Les politiciens allemands et les médias mettent en garde contre la prochaine crise financière mondiale PDF Imprimer E-mail
Economie - Mondiale
Vendredi, 04 Décembre 2009 06:37

crackDans les hautes sphères du milieu politique allemand la crainte d’un second krach financier international dépassant en intensité et en impact celui de l’automne 2008 augmente de jour en jour. Ce week-end, la chancelière Angela Merkel et le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, (tous deux de l’Union chrétienne-démocrate, CDU) ont mis en garde que la crise économique était loin d’être terminée. « Nous avons tout d’abord réussi à limiter les effets de la crise sur les gens, mais le plus dur est à venir, » a dit Merkel au cours d’une réunion du CDU.

Schäuble a comparé la présente crise financière à la chute du Mur de Berlin vingt ans plus tôt. « La crise financière changera le monde aussi profondément que le fit la chute du Mur [de Berlin]. L’équilibre entre les Etats-Unis, l’Asie et l’Europe est en train de se déplacer radicalement, » a-t-il déclaré au journal Bild am Sonntag. Il a également appelé les banquiers à faire preuve de retenue dans le versement des bonus.

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a émis des craintes quant à un effondrement social en cas d’une nouvelle série de faillites bancaires. « Il est certainement trop tôt pour dire que la crise est finie, » a-t-il déclaré lors d’un congrès bancaire à Francfort en ajoutant l’avertissement : « Nos démocraties n’accepteront pas une seconde fois de voler au secours de l’économie financière avec l’argent des contribuables. »

L’énorme bulle spéculative qui s’est formée sur les marchés d’actions au cours de ces huit derniers mois est considérée être le plus gros facteur de risque d’un nouveau krach. Les indices boursiers les plus importants, le Dow Jones, le Nikkei japonais et le DAX allemand, ont grimpé de 50 à 60 pour cent depuis mars. Les cours du pétrole brut, du cuivre et d’autres matières premières ont plus que doublé. Ces énormes augmentations ne sont fondées sur aucune croissance économique correspondante. Au contraire : l’activité économique a chuté dans de nombreux pays et de nombreuses entreprises affichent encore des pertes.

La montée des cours est due à la quantité énorme de liquidités que les gouvernements et les banques centrales ont injectée dans l’économie. Les institutions financières sont en mesure d’emprunter à taux d’intérêt quasi zéro des sommes d’argent illimitées auprès des banques centrales et de réaliser ainsi des gains spéculatifs considérables. De même, les milliers de milliards provenant de l’argent des contribuables et qui ont été dépensés pour renflouer l’économie ne sont pas utilisés pour des investissements mais sont destinés à des activités spéculatives, à l’octroi de dividendes élevés aux actionnaires et au versement de bonus exorbitants aux banquiers.

« Les cours boursiers grimpent parce que l’argent doit aller quelque part, et non pas, parce que les actions en soi sont considérées comme attractives, » écrit l’hebdomadaire économique allemand Wirtschaftswoche, dans son analyse de l’actuel essor boursier. Selon le magazine, le price earning ratio (PER), le rapport du cours d’une action au bénéfice par action d’une entreprise d’un secteur donné, a atteint un maximum historique de 133. A partir d’un PER de 14 ou plus l’on estime que les actions sont surévaluées.

Les conséquences de la crise font que des centaines de milliers de travailleurs, rien qu'aux Etats-Unis perdent leur emploi tous les mois, que les travailleurs sont obligés de subir des pertes de salaires et que les programmes sociaux sont réduits à grande échelle. Dans le même temps, les orgies d’enrichissement en haut de l’échelle sociale ont atteint le même niveau qu’avant la crise, voire même un niveau bien supérieur. Source et suite

 
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