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Sortir du cycle infernal du surendettement PDF Imprimer E-mail
Economie - Mondiale
Jeudi, 10 Septembre 2009 05:28

equateurEn 30 ans, la dette de l’Équateur est passée de 240 millions de dollars à 16 milliards. La dictature puis les gouvernements néo-libéraux l’ont multiplié par 66 ! Sans que les populations en bénéficient. Mais à quoi donc a servi l’argent emprunté ? Pour le savoir, Rafael Correa a lancé un audit. Une commission nationale, épaulée par des experts internationaux, dont le CADTM, a travaillé pendant plus d’un an à décortiquer les emprunts successifs et leur utilisation.

L’audit a été remis en septembre 2008 et ses conclusions sont sans appel : la commission a mis en évidence le caractère illégitime d’une grande partie de la dette publique de l’Équateur.

L’utilisation des crédits est tout aussi effarante. Selon les informations disponibles, seules 14 % des sommes empruntées [3] entre 1989 et 2006 auraient servi à des projets de développement (télécommunications, eau potable, énergie,...), le reste - soit 86 % - étant consacré au remboursement de la dette externe et de ses intérêts. Et c’est sans compter les conditions posées par les créanciers, qui orientent le pays vers une libéralisation à outrance, avec l’obligation de licenciement de 30 000 fonctionnaires en 2003-2004, ou le développement d’une économie d’exportation. Un exemple parmi d’autres : certains crédits ont servi à développer la culture des crevettes, production d’exportation encouragée par le FMI. Les conséquences ont été catastrophiques pour les écosystèmes, notamment la mangrove, source de revenus pour les populations locales et barrière contre les inondations. Elle est aujourd’hui détruite à 70 %. Autant de désastres sociaux et environnementaux qui permettent à des associations équatoriennes de réclamer aujourd’hui réparation au titre de la dette écologique dont l’Équateur est créancier.

Suite à l’audit, plutôt que d’attaquer en justice les créanciers peu scrupuleux (FMI, Banques américaines, Club de Paris...), l’Équateur a décidé d’annuler une partie de cette dette illégitime. Au printemps 2009, le gouvernement a annoncé qu’il ne remboursera qu’au tiers de leur valeur les bons émis jusqu’en 2030. Soit une économie substantielle de 2 milliards de dollars. Pour Eric Toussaint, membre du CADTM et de la Commission d’audit, c’est « un résultat très positif, même si personnellement j’aurai souhaité que ça aille plus loin. L’audit avait donné des raisons, juridiquement étayées, pour annuler une plus grosse partie de la dette. Les 80 % de la dette que nous avions audités étaient totalement répudiables  ». Source et suite

 

 
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