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Il y a 20 ans : place Tian'anmen PDF Imprimer E-mail
Culture - Histoire
Vendredi, 24 Avril 2009 05:56

Les manifestations de Tian'anmen ont eu lieu entre le 15 avril et le 4 juin 1989 sur la place Tian'anmen à Pékin, la capitale de la République populaire de Chine. Elles prirent la forme d’un mouvement d'étudiants, d'intellectuels et d'ouvriers chinois, qui dénonçait la corruption et demandait des réformes politiques et démocratiques. La contestation s'étendit à la plupart des grandes villes de Chine comme Shanghai, et aboutit à Pékin à une série de grandes manifestations et de grèves de la faim organisées sur la place Tian'anmen.

Après plusieurs tentatives de négociation, le gouvernement chinois proclama l'état de siège le 20 mai 1989, et fit intervenir l'armée le 4 juin 1989.

La répression du mouvement provoqua un grand nombre de victimes civiles (de quelques centaines à quelques milliers selon les sources), et de nombreuses arrestations dans les mois qui suivirent. Plusieurs dirigeants politiques favorables au mouvement furent limogés et placés en résidence surveillée, notamment le Secrétaire général du Parti communiste chinois Zhao Ziyang.

La répression du mouvement de contestation porta un coup d'arrêt durable aux réformes politiques en République populaire de Chine. Le gouvernement renvoya les journalistes étrangers et contrôla strictement la couverture de l’événement par la presse chinoise. À l'étranger, la répression provoqua une condamnation générale du régime de Pékin.

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Les manifestations et la grève de la faim (26 avril - 16 mai)

Le 26 avril, un éditorial du Quotidien du Peuple[3] qualifie les manifestations étudiantes de « troubles à l'ordre public », fait d'un « très petit nombre ». Il interdit tout nouvelle manifestation.[2] Dès le soir du 26, l'agitation est forte dans les universités de la capitale, notamment à l'Université de Pékin et l'Université du Peuple. Les étudiants rejettent le contrôle des associations universitaires qui sont entre les mains du Parti communiste chinois. Ils fondent leur propre association autonome et se choisissent des représentants. Les jours suivants de grandes manifestations ont lieu à Pékin : le 27 avril, elles rassemblent quelque 50 000 personnes.[2] Le mouvement s'étend également en province et il se développe lorsque les ouvriers rejoignent le mouvement afin de remettre en cause la corruption du régime et de protester contre l’inflation, le chômage et le luxe dans lequel vivent les cadres du PCC.[2]

Le 4 mai, la manifestation commémorative du Mouvement du Quatre Mai se mélange à celle des étudiants. Elle se déroule dans le calme et la bonne humeur.[2] D’autres grandes manifestations naissent dans les grandes villes du pays comme Urumqi, Shanghai et Chongqing ; plus tard, le mouvement touche Hong Kong, Taiwan et les communautés de la diaspora chinoise en Amérique du Nord et en Europe.

Peu après, le dirigeant soviétique, Mikhail Gorbatchev, doit effectuer à Pékin une visite historique. Elle entraîne la présence de nombreux journalistes étrangers en Chine. Le 12 mai, les étudiants entament une grève de la faim illimitée sur la place Tian'anmen. Elle finira par concerner plus de 1000 personnes[4]. Ils sont rejoints par des délégations d'étudiants de province, qui campent également sur la place.

A partir de l'annonce de la grève de la faim, le mouvement étudiant reçoit l'appui d'une large partie de la population. A Pékin, des manifestations de soutien, qui regroupent des étudiants, des ouvriers, des cadres, et même parfois des policiers, ont lieu presque tous les jours, réunissant, à partir du 15 mai plusieurs centaines de milliers de personnes.

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La répression du mouvement (3 juin - 9 juin), bilan des morts 

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, des soldats de la 27ème et de la 28ème armée entrent dans Pékin. Ils tirent à la mitraillette contre les personnes qui s’interposent sans arme.[2] Des heurts violents avec les manifestants ont lieu sur les axes qui mènent à la Place Tian'anmen, en particulier à Muxidi, où une colonne de véhicules est incendiée. Les combats se poursuivent jusqu'à ce que l'armée atteigne la place, écrasant avec ses chars les manifestants restés sous les tentes[2] ; la place est évacuée à l'aube. Dans les jours qui suivent, l'armée occupe Pékin, des affrontements sporadiques ont encore lieu la nuit. Le mouvement étudiant est également réprimé en province et une purge sévère est menée dans tout le pays.[2]

S'il est clair que l'intervention fit un assez grand nombre de victimes, leur nombre varie nettement suivant les sources. Le gouvernement Chinois donne 300 morts dont 23 étudiants, les sources occidentales[5] et la croix rouge chinoise suggèrent de 2600 à 3000 morts, Amnesty International fait état d'environ un millier de morts.[6],[7],[8] (pour la seule ville de Pékin, aucune donnée n'est disponible pour les affrontements en province).

La nature même des évènements est sujette à controverse. L'explication officielle donnée par le gouvernement chinois affirme que la majorité des manifestants étaient des criminels, et des voyous, sans lien avec les étudiants et que l’armée est intervenue pour sauver le socialisme en Chine.[2] Les sources non chinoises y voient une majorité de jeunes étudiants. Le fait qu'un nombre important d'étudiants ait été arrêté dans les jours suivants en lien avec les évènements du 4 juin semble corroborer cette thèse. Par ailleurs, s'il n'est pas contesté que l'intervention fit des victimes (les controverses portent sur leur nombre), le terme massacre de Tian'anmen, souvent utilisé pour décrire l'évènement est contesté par certains, qui soutiennent qu'il y eut peu de violence sur la place même. Source


Complément :

Ecoutez France Inter : dimanche 4 juin 2006 de 9h10 à 10h par Lionel Thompson et Pascal Dervieux

N'oubliez pas Tiananmen - Rediffusion

Interception revient ce week-end sur les massacres de la place Tiananmen, en juin 1989. Les espoirs de liberté ont été noyés dans le sang. L’armée chinoise a ouvert le feu sur les étudiants. La répression aurait fait plusieurs milliers de morts.

Depuis, la Chine a énormément changé. Ses coûts de production imbattables sont dans toutes les conversations.

Pourtant, elle reste un régime policier, une dictature qui protège les crimes de ses dirigeants.

Pendant combien de temps la Chine pourra-t-elle tenir ce grand écart entre libertés économiques et interdictions politiques ?

Alain Lewkowicz a rencontré une mère qui se bat pour savoir qui a tué son fils de 19 ans d’une balle dans la tête, place Tiananmen.

Il a recueilli aussi le témoignage de deux leaders étudiants qui racontent ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont vécu… Ils disent leur déception de voir ce régime toujours en place, et très courtisé par des pays occidentaux pas très regardants sur les droits de l’homme et les conditions de travail…

 

 
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