| Orwell plagiaire ? |
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| Culture - Livres | |
| Mercredi, 10 Juin 2009 04:40 | |
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En 1946, Orwell en avait fait une critique pour «Tribune». Ce qui est cocasse, c'est qu'il avait alors remarqué l'influence que ce roman avait pu avoir sur «Le Meilleur des mondes» d'Huxley (une influence qu'Huxley a toujours niée du reste). Se doutait-il que lui-même allait fortement s'en inspirer pour «1984», paru trois plus tard ? Sur le site du «Guardian», Paul Owen passe en revue les points communs entre les deux romans. Dans l'un et l'autre cas, l'intrigue se déroule dans le futur. Elle met en scène un homme vivant dans une société totalitaire, contre laquelle il va se révolter. Il y est encouragé par une femme représentant la liberté politique et sexuelle qui existait avant l'ordre nouveau. Ils sont tous deux découverts et subissent des tortures physiques et psychologiques. A la fin le héros s'aperçoit qu'il aime l'Etat qui l'oppresse et renie son engagement révolutionnaire. On note aussi quelques menues différences. Dans «Nous autres», les personnages n'ont pas de nom, ils ne sont désignés que par un nombre. Le Winston Smith de «1984» s'y appelle D-503, Julia est I-330 et «Big Brother» «le Bienfaiteur». Enfin, à chacun ses méthodes de surveillance : des écrans qui voient tout dans le roman d'Orwell, des immeubles en verre, qui permettent de tout voir, dans celui de Zamiatine... «Tout cela doit-il altérer notre respect pour "1984" ?» A cette question fatidique, Paul Owen répond résolument par la négative. «Peut-être «Nous autres» mérite-t-il plus de reconnaissance qu'il n'en a, mais si «1984» n'avait jamais existé, il est fort peu probable que le livre de Zamiatine occuperait la place exceptionnelle qu'occupe l'œuvre d'Orwell aujourd'hui.» Pour lui, Orwell peut bien avoir emprunté son intrigue et ses personnage à un autre roman, ce qui compte c'est qu'il en ait fait un chef-d'œuvre. Une bonne part de ce qui rend «1984» inoubliable est d'ailleurs de son cru : la novlangue, la «doublepensée», la Police de la pensée, l'usage de la propagande, la réécriture de l'histoire, les slogans qui signifient le contraire de ce qu'ils disent. Qui plus est, le style d'écriture, ou encore la tonalité sombre et pessimiste sont propres à Orwell. Le roman de Zamiatine ne critique guère au fond que la révolution russe, celui d'Orwell est une remise en cause de tous les totalitarismes, une parabole bien plus ambitieuse et profonde. Joyeux anniversaire, donc. Source et suite |
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